Echos du chant du coeur

 

Depuis quelques mois, je fus poussé, par plaisir, à rapporter des échos des rencontres de chant du coeur.

Ils sont davantage des coupes transversales que des commentaires sur des séances particulières.

Elles sont regroupées par ordre chronologique, les plus récentes en tête.

 

Se conduire comme Jésus, celui du Cours en Miracles

 

 

 

Nous sommes capables de connaître l’état de conscience de Jésus et de se conduire comme il l’a fait lors de sa dernière apparition sur terre. Pour les curieux, son parcours est magistralement décrit par les récits d’Arten et Pursah relatés dans le dernier livre de Gary Renard : « Les vies ou Jésus et Bouddha se connaissaient. Ed Ariane. 2018

 

Je cite d’emblée le Cours :

 

« Je t’ai enjoint de te conduire comme je me suis conduit, mais pour cela il faut que nous répondions au même esprit. Cet Esprit est le Saint Esprit Dont la volonté est pour Dieu, toujours. Il t’enseigne comment me garder comme modèle de ta pensée avec pour résultat que tu te conduis comme moi. Le pouvoir de ta motivation jointe à la mienne est au-delà de la croyance ; mais point au-delà de l’accomplissement... »T5-2-12.

 

Choisissons d’écouter le Saint Esprit et l’incroyable survient. Ah ! se conduire comme Jésus ! L’ego ne manquera pas de pointer la mégalomanie ou l’orgueil. Notre apparition sur terre est en effet caractérisée par le sentiment de petitesse que l’ego entretient soigneusement au point que cette identité nous colle à la peau. Commençons déjà à repérer son manège et à défaire la faible estime de soi qu’il distille dans notre conscience.

 

Qu’est-ce qui nous permet de mettre en doute ses commentaires toujours biaisés ? Le chant du cœur m’a conduit à considérer que les émotions n’étaient pas réelles. Au cours de ces années, l’ego et ses stratégies m’importaient peu. Je me sentais sur une bonne voie. Elle consistait à transmuter le plomb des émotions en or. Le Cours m’a apporté un éclairage sur ce qui se passait implacablement dans l’ombre. L’ego attisait sans discontinuer le feu du drame. Il s’efforçait de me faire croire à la véracité les émotions ressenties face à des événements violents, des relations tendues. Avec mon concours, cet acteur a presté son rôle 24 heures sur 24 sur la scène obscure nourrissant la culpabilité qui semble habiter ma conscience. Je fais donc un aveu de reconnaissance et de gratitude pour le Cours qui décrit en long et en large ses astuces pour limiter ou bloquer l’accès à la paix intérieure. Lucide et tout aussi implacable que l’ego, Jésus partage des clés pour briser le cercle de ces répétitions débilitantes. Voilà ce qui permet de mettre en doute les commentaires et les stratégies de l’ego : des moyens d’en sortir.

 

L’éclairage sur la question « que suis-je ? » est un biais puissant. En effet, le Cours fournit une réponse claire et nette qui résonne aujourd’hui à mes oreilles comme une douce mélodie. Aujourd’hui seulement ! Je n’existe pas en tant que corps ! Ma réalité est celle d’un esprit sans forme et illimité. Mon esprit est joint à celui de tous les êtres qui semblent apparaître sur la terre et ailleurs. Cette connaissance s’est imposée à ma conscience comme la vérité ? La Vérité ? Incapable de l’appréhender dans mon cœur, je l’ai remisée au placard, j’ai douté. Je crois cependant que la force des habitudes de vie centrées presque exclusivement sur les besoins du corps a constitué le plus grand obstacle pour l’accepter.

 

Face à la Vérité enfin ressentie de l’intérieur, l’arête est restée malgré tout bloquée un certain temps dans la gorge. Le rêve de la particularité comme le nomme le Cours est très prégnant. Puis-je me comporter comme Jésus lorsque je m’attribue une identité propre avalisant que je suis séparé des autres fils de Dieu ? Suis-je vraiment à même de décrire la manière dont l’arête a été avalée ? La détermination du cœur, et une attention suivie à détecter dans mes paroles et mes pensées des jugements sur mes frères y ont contribué. Chemin faisant, j’ai compris via le Cours qu’en jugeant un fils de Dieu je déclenchais une attaque contre…. moi-même.

 

C’est sans doute ainsi que j’ai commencé à me conduire comme Jésus. Ce doux guide ne voit pas les erreurs de ses frères. Bien qu’il les évoque dans le Cours afin que nous en comprenions les ressorts, il ne perçoit que leur lumière éternelle. Aussi, actuellement, dans une foule, une pièce habitée, je regarde au-delà des corps, anecdotiques. Je scrute la lumière qui en émane et les liens qu’elle tisse. Je sais que les yeux de la vue ne peuvent la capter. Je me place donc profondément dans le cœur pour atteindre la vision de l’au-delà des corps. A suivre.

 

En fait, que dit Jésus de lui-même  dans le Cours ?

 


Du temps de son apparition sur terre 
:

 

 

 

«  Comme homme et aussi comme une des créations de Dieu ma justesse de pensée, qui venait du Saint Esprit ou de l’Inspiration universelle m’ a appris, d’abord et avant tout que cette inspiration était pour tous. Je ne pouvais pas l’avoir moi-même sans connaître cela... » T5-1-4

 

« J’ai dit plus tôt (voir ci-dessous) que je suis en charge de l’Expiation. C’est seulement parce que j’y ai complété mon rôle en tant qu’homme et que je peux maintenant le compléter par autrui. »T4-6-6

 

«  Je n’ai pas été puni parce que tu étais mauvais. La leçon entièrement bénigne qu’enseigne l’Expiation est perdue si elle est contaminée sous quelque forme que ce soit. » T3-1-2

 

« Mon esprit sera toujours pareil au tien, parce que nous avons été créés égaux. C’est ma seule décision qui m’a donné tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Mon seul don pour toi est de t’aider à prendre la même décision... » T5-2-9

 

«  Je n’ai donné que l’amour au royaume parce que j’ai cru que c’était ce que j’étais. Ce que tu crois être détermine tes dons, et si Dieu t’a créé en S’étendant Lui-même en tant que toi, tu ne peux t’étendre toi-même que comme Il l’a fait. » T7-1-8

 

«  Quand j’ai dit : « Je suis avec vous tous les jours » Je le pensais littéralement. Je ne suis absent pour personne en aucune situation. Parce que je suis toujours avec toi, tu es la voie, la vérité et la vie. Tu n’as pas fait ce pouvoir, pas plus que moi. Il a été créé pour être partagé ; par conséquent, il ne peut être perçu de manière signifiante comme appartenant à quiconque aux dépens d’un autre. » T7-3-1

 

« Tu n’as pas été persécuté pas plus que je ne l’étais……...Ma seule leçon, que je dois enseigner comme je l’ai apprise, est qu’aucune perception qui est en désaccord avec le jugement du Saint-Esprit ne peut être justifiée…..J’ai la volonté avec Dieu qu’aucun de ses fils n’ait à souffrir » T6-1-11

 

Aujourd’hui :

 

 

 

« Je ne peux pas oublier mon besoin d’enseigner ce que j’ai appris, qui a surgi en moi parce que je l’ai appris. Je fais appel à toi pour enseigner ce que tu as appris, parce qu’en le faisant tu pourras t’y fier. Rends-le fiable en mon nom, parce que mon nom est celui du Fils de Dieu. » T5-4-5

 

« Je suis en charge de l’Expiation, que j’ai entrepris de commencer. Lorsque tu offres un miracle à l’un de mes frères c’est à toi-même et à moi que tu le fais…. Mon rôle dans l’Expiation est d’annuler toutes les erreurs que tu ne pourrais pas corriger autrement... » T1-3-1

 

« Ta résurrection est ton réveil. Je suis le modèle de la renaissance, mais la renaissance elle-même n’est que l’émergence dans ton esprit de ce qui s’y trouve déjà. Dieu Lui-même l’a placé là, ainsi est-ce vrai à jamais. J’ai cru en cela et je l’ai donc accepté comme vrai pour moi. » T6-1-7

 

« Comment peux-tu souffrir, toi qui es si saint ? Tout ton passé a disparu sauf sa beauté, et il ne reste rien, qu’une bénédiction. J’ai sauvé toutes tes gentillesses et chaque pensée aimante que tu a jamais eue. Je les ai purifiées des erreurs qui cachaient leur lumière et les ai gardées pour toi dans leur propre parfait rayonnement. T5-4-8

 

« Je n’attaque pas ton ego. Je travaille avec la partie supérieure de ton esprit qui est la demeure du Saint-Esprit que tu sois endormi ou éveillé, tout comme l’ego travaille avec la partie inférieure de ton esprit qui est sa demeure. Je suis ta vigilance en cela, parce que ta confusion est trop grande pour que tu reconnaisses ton propre espoir. »T4-4-11

 

« Tu peux me confier ton corps et ton ego seulement parce que cela te permet de ne pas t’en préoccuper et me laisse, moi, t’enseigner qu’ils n’ont pas d’importance. Je ne pourrais pas comprendre l’importance qu’ils ont pour toi si je n’avais pas moi-même jadis été tenté de croire en eux. » T4-1-13

 

« Je t’ai assuré que l’Esprit qui a décidé pour moi est aussi en toi, et que tu peux le laisser te changer comme il m’a changé. Cet Esprit est sans équivoque parce qu’il n’entend qu’une seule Voix et ne répond qu’à une seule leçon. Tu es la lumière du monde avec moi. » T5-2-10

 

« Je suis venu comme une lumière dans un monde qui se nie tout à lui-même. Il fait cela simplement en se dissociant du tout….Si je s e monde. Je ne l’attaque pas, mais ma lumière doit le dissiper à cause de ce qu’il est. La lumière n’attaque pas les ténèbres mais elle les dissipe. Si ma lumière t’accompagne partout, tu les dissipes avec moi…. » T8-4-2

 

 

 

Il y a de quoi se balader dans ces citations non exhaustives. Elles incitent toutes à nourrir l’espérance que nous pouvons nous conduire comme Jésus. Pour l’anecdote, la citation suivante fait particulièrement chanter mon coeur : « Je n’ai donné que l’amour au royaume parce que j’ai cru que c’était ce que j’étais. » Allez chacun la sienne ?

 

 

 

De coeur, Roger Février 2019

 

 

 

L'héritage de dieu pur Esprit: décembre 2018

 

Les rencontres de chant du coeur mettent l’accent sur notre héritage, concept emprunté au Cours en Miracles. Issu du ciel, il laisse entrevoir une richesse hors norme. La profusion dispensée par le Père est loin de constituer un pactole en argent ou en biens immobiliers. Elle est bien sûr d’ordre spirituel. « Dans la création, Dieu s’étendit Lui-même à ses créations et les imprégna de la même volonté aimante de créer. Tu n’as pas seulement été pleinement créé mais tu as aussi été créé parfait.... » T2. 1.1 Volonté aimante de créer, perfection, deux attributs de l’esprit ! De ce point de vue, nous sommes des êtres parfaits doté d’une volonté aimante pareille à celle de Dieu pur Esprit. C’est colossal, non ?

 

Et pourtant, j’ai longtemps bataillé avec le concept de Dieu. J’avais bien sûr en mémoire celui évoqué par les écritures saintes. Je ne pouvais adhérer au processus de création du monde. Au bout du compte, le dieu créateur se trouvait toujours au ciel alors que ses créatures vaquaient de l’autre côté du voile, dans le monde. La gouaille bruxelloise dirait : « Plus séparé que cela tu meurs » Et oui, la mort est assurément au rendez-vous des esprits qui se croient séparés.

 

Lorsque j’ai découvert l’existence d’un Dieu pur Esprit dans Un Cours en Miracles, je l’ai adopté immédiatement, mentalement du moins. Bien que je sois en accord avec l’idée d’un Dieu qui n’a pas créé ce monde, je me disais régulièrement : « mais pourquoi faut-il un dieu dans cette histoire ? » Pure réaction de l’ego que ce Dieu insupporte.

 

Lors d’une « expérience spirituelle d’une rare intensité, j’ai compris combien j’avais usurpé le pouvoir du Père. En effet, j’ai soit disant « revécu » en grande pompe que je m’étais créé moi-même ! Avec du recul, je me suis rendu à l’évidence que l’ego avait orchestré cette envolée sublime de la conscience. C’est exactement ce que j’ai lu dans le Cours quelque dix années plus tard. Il mentionne la dernière étape du processus de séparation ainsi : « Quatrièmement, tu crois que tu peux te créer toi-même et qu’il t’appartient de diriger ta propre création » T2 1.1 Nous aurions sous une forme ou sous une autre franchi cette étape en ce monde !

 

Alors, l’héritage ? « Tout ce que Dieu a créé est comme Lui. L’extension telle qu’entreprise par Dieu est semblable au rayonnement du Père que les enfants héritent de Lui. Sa source réelle est interne. » T2.1.2 Nous sommes pareils à Dieu, dotés d’une source de rayonnement d’amour interne dont la seule fonction est de s’étendre.

 

Bien avant d’accéder au Cours, j’avais pris le pli de partager qu’à l’intérieur de la poitrine, dans l’espace d’amour du cœur spirituel, (sans doute apparenté à la notion de l’autel déposé en nous par Dieu T2.3.1) siègent, sans leur opposé, toutes les qualités d’ici-bas. Ainsi l’amour de Dieu y trône dépourvu de haine et de peur. La joie de Dieu en nous est, elle ne dépend d’aucun événement extérieur. Ainsi en est-il pour l’abondance, l’innocence, la paix, la perfection... chacun ignorant un quelconque opposé. Voilà déjà de quoi se réjouir. Et je me suis réjouis,... dans ma tête. Néanmoins, je me suis senti responsable de manifester ces qualités au quotidien et surtout de les ressentir. Après des années consacrées à entrer en résonance avec tout ce qui vibre et évolue, le défi était énorme. Comment ressentir ce qui relève du monde abstrait de l’Esprit où rien ne vibre, rien ne change ?

 

Dès que la mémoire de l’héritage émerge de la zone oubliée, l’amour nous invite à l’installer dans nos vies. Primo, le grand principe de l’amour ignore tout jugement sur nos semblables et sur les événements. C’est vite dit mais pas nécessairement vite fait. Je me suis attelé à surveiller mes pensées et paroles empreintes de jugements en les annulant dès que j’en avais conscience. Je répète cette vérité à chaque rencontre de chant du cœur.

 

Secundo : « Penser comme Dieu c’est partager Sa certitude quant à ce que tu es et créer comme lui c’est partager l’amour parfait qu’il partage avec toi. » Être certain de ce que je suis sans orgueil c’est penser comme Dieu. S’en suit alors la responsabilité de partager l’amour parfait, comme Il le fait avec nous.

 

Je ne peux décrire la première résonance intérieure douce et profonde vécue lorsqu’il devint clair que « je pouvais aimer comme Dieu aime. » Ce « ressenti » (est-ce encore du ressenti ?) relève plutôt de l’évidence, par nature indémontrable. En laissant émerger régulièrement cette résonance, j’ai accepté à mon rythme la véritable nature de Dieu : son amour total envers nous et la réciprocité de son Fils unique envers Lui.

 

Un autre bouleversement intérieur est survenu lorsque j’ai compris et acté que ma volonté, notre volonté, est aussi puissante que celle de Dieu. Au lieu de la mettre au service de l’amour, je l’ai utilisée à contresens. Sa puissance a nourri mon obstination à nier l’invisible et plus tard à ruer dans les brancards à propos de l’existence de Dieu. « Ta volonté est aussi puissante que la Sienne parce que c’est la Sienne. Les souhaits de l’ego ne signifient rien parce que l’ego souhaite l’impossible. Tu peux souhaiter l’impossible, mais tu ne peux vouloir qu’avec Dieu. C’est la faiblesse de l’ego et c’est ta force. » T7.5.4 p.144. Cette vérité a amplifié l’espace en mon cœur lorsque j’ai vécu et compris de surcroît que la tous mes semblables y était présents. Avec Dieu et toute la Filialité en mon autel, j’ai donc de quoi déplacer des montagnes. Cette compréhension-là fait du chemin. Que du doux, que du puissant.

 

J’ai choisi de cultiver une autre qualité de l’héritage durant de nombreux mois, celle qui nous accompagne depuis que nous avons cru avoir quitté le Royaume : la culpabilité. J’ai corrigé cette fausse croyance en me pardonnant « d’avoir cru que j’étais coupable d’avoir quitté le Père, ce qui aux yeux de l’amour est impossible. » En vérité, j’ai cru à ce bobard uniquement parce que je l’ai rêvé. Se pardonner de rêver est toujours le nec plus ultra sur le chemin du retour. Cependant, la culpabilité méritait une autre approche via l’affirmation régulière de notre innocence. « Quoi qu’il semble se passer dans le rêve, je suis innocent. » Je l’ai répété et répété en le pensant vraiment tant la culpabilité semble profondément enfoncée dans ma conscience. J’ai énormément avancé avec cette affirmation.>

 

« Le don que Dieu t’a fait, c’est à la fois ce que tu as et ce que tu es. Quand tu ne l’utilises pas, tu oublies que tu l’as. En ne t’en souvenant pas, tu ne connais pas ce que tu es» Voilà une subtile invitation à rendre concret notre héritage dans la vie courante en unifiant l’avoir et l’être. En définitive : « La paix est l'héritage naturel du pur esprit. Chacun est libre de refuser, d'accepter son héritage mais il n'est pas libre d'établir quel est son héritage. »  T3. 6.10 p.52.

 

Déc. 2018 Roger

 

 

 

PS. Des précisions concernant l’héritage sont réparties dans les écrits du Cours. Dans le manuel pour enseignants. Jésus distingue les qualités des enseignants, de l’héritage qui est « bien au-delà du curriculum suivi par l’enseignant et qui disparaît en sa présence. »
Qualités temporaires des enseignants
 : confiance, honnêteté, tolérance, douceur, joie, non défense, générosité, patience, foi, ouverture d’esprit, pp 9 à 17
Héritage éternel : amour, impeccabilité, perfection, connaissance, vie éternelle et déduit d’autres

 

passages du Cours : innocence, miséricorde, volonté, vérité. Notons que la paix et la joie des cieux sont indissociables de l’amour.

 

 

 

« Ta valeur n’est pas établie en enseignant ou apprenant. Ta valeur est établie par Dieu. »T.p 58

 

 

 

 

 

Recevoir-donner, la paire inséparable       août 2018

 

Voilà qu’un événement qui semblait enfoui ou disparu de ma mémoire revoit le jour ce matin au réveil. Ah oui, je m’étais engagé à écrire quelques lignes au sujet de notre état de conscience lorsque nous recevons quelque chose de quelqu’un. « C’était mon anniversaire et une amie très chère à mon coeur avait alerté à mon insu une cinquantaine de personnes. Je ne me doutais de rien, absolument de rien. Tout naturellement, elle me pria de la suivre dans la pièce où elle avait rassemblé ses invités. Quel choc amies, je dis bien quel choc, accompagné d’un souffle court. Je ne me souviens d’aucun détail de cet épisode notamment si j’ai pu faire bonne figure compte tenu de mon état intérieur. En fin de soirée, j’ai partagé mon vécu avec cette amie de coeur. Je lui en voulais presque d’avoir organisé cette mise en scène. »

 

C’est dire que j’avais difficilement avalé la pilule, laquelle donc ? Ma foi, il m’a sauté aux yeux que je m’étais senti indigne d’une telle attention, je n’en valais pas la peine ! Cet épisode entérinait en fait la difficulté constante dans ma vie de recevoir quoi que ce soit de quelqu’un. Pourtant, je me me vois, enfant, attendre par la poste un cadeau de ma marraine pour mon anniversaire, cadeau qui n’arrivait jamais. Là aussi un aspect de ma petitesse se révélait, celui du manque. Il a fallu que le temps passe et que je découvre la notion du système de pensée discrètement à l’œuvre dans ces deux situations : indignité ou manque.

 

Il devint évident que j’avais pris le parti de me sentir séparé de mes donateurs. Eux d’un côté, moi de l’autre avec toute l’incertitude et l’anxiété que cela engendre. J’ai pu en prendre conscience du fait qu’entre-temps j’avais accédé au système de pensée de l’unité, celui où il n’existe ni distance ni temps entre les êtres. Ce système de pensée relève du niveau de l’Esprit, flambeau de la conscience de l’unité, de l’illimité et de l’éternité. Ainsi, pour l’Esprit, donner et recevoir sont simultanés, dès que nous donnons, instantanément, nous recevons et vice versa. C’est la version du Cours en miracles. L’appréhension du processus sur ce mode m’a soulagé et je pus enfin recevoir paisiblement. En vérité, avant cela, je prônais même que donner était plus facile que recevoir. En comparant l’un avec l’autre je faisais évidemment le jeu de l’ego qui adore souligner les différences et caresser ses ouailles dans le sens du poil ; « vas-y donne, c’est plus noble que recevoir ».

 

Depuis lors, durant les rencontres de chant du coeur, je prends soin de préciser et je le répète souvent, la nature même du donner et recevoir selon le système de pensée de l’unité. La personne qui vient au centre du cercle peut avoir le sentiment de recevoir de l’amour sans rien donner. Il n’en est rien, dès qu’elle reçoit l’amour via les vibrations du coeur, elle offre le sien. Elle est actrice bien qu’elle soit allongée et plongée dans ses sensations. Elle s’offre un moment d’abandon dans un bain de vibrations d’amour auxquelles elle ajoute les siennes.

 

L’unité du donner-recevoir constitue un apprentissage à part entière. Il appelle simultanément à défaire la croyance que nous pouvons « donner de l’amour à celles et ceux qui en manquent ». Cette façon courante d’aborder la question relève du système de pensée de la dualité où d’un côté se trouve un donneur et de l’autre un receveur sensé être privé de ses qualités d’amour. Nous reconnaissons là le fossé habituel qui sépare les êtres et l’idée fausse que le receveur puisse être dépourvu d’amour. En corrigeant cette erreur nous diffusons la pensée des miracles inspirés par l’amour.

 

Le 23 août 2018

 

La douceur est ma force

 

 

 

Au cours des dernières rencontres de chant du coeur, la douceur reconnue comme une force fut, en écoutant la voix du coeur, suggérée à des voyageuses. Bien que la proposition fut chaque fois acceptée, elle a cependant interpellé les consciences. Plusieurs témoins ont partagé leur vécu en associant la douceur à de la faiblesse. Elle fut évoquée en tant que moyen utilisé pour manipuler nos semblables et exprimer une facette de notre petitesse notamment la difficulté à s’affirmer. Être doux vise aussi aux yeux de certains à camoufler notre colère face à la vie. Enfin, des activités qui nécessitent des efforts physiques ou une importante concentration, la douceur en est spontanément exclue.

 

Ce petit florilège donne à penser qu’elle n’a pas bonne presse. Je me suis penché sur ma vie afin d’évaluer si la douceur fut ma force. Non, assurément. D’abord, j’ai ignoré cette question durant longtemps. Aujourd’hui, me projetant dans mon histoire depuis le balcon aucun ressenti de douceur n’émerge de ce survol, ni de mes parents, ni de mes proches. Chacun semblait à sa façon se battre pour survivre. Pourtant, ce bref plongeon me dit que leur douceur m’aurait fait du bien surtout pour lisser un penchant radical. J’ai dû serrer les dents et me taire, ignorant qu’elle était déjà en moi chevillée à l’amour.

 

Elle est sortie de sa réserve bien plus tard, le plus souvent dans l’intimité. Plus mon cœur s’ouvrait, plus il brassait la douceur. Hors de ce contexte, je conservais plutôt le cœur dur face aux critiques par exemple. Voici un clin d’œil sur le chemin de la douceur. J’ai créé en 1986 un spectacle théâtralisé intitulé « cœur de pierre ». Prémonitoire, et totalement inconscient de ce qui adviendrait quatre ans plus tard avec la découverte du chant du cœur. Il évoquait l’apprentissage de la dureté de cœur et l’inéluctable culpabilité, (il contenait un chant « coupable ») ainsi que l’espoir d’entamer la dureté de ce coeur de pierre. Quatre ans plus tard ce processus connaissait un essor avec la découverte et la pratique de chant du coeur. /

 

Si je regarde du côté de la force, je reconnais qu’elle est liée à sa démonstration : la parade et plus souvent l’attaque. Or, l’attaque elle-même doit être associée à un sentiment de faiblesse sans quoi elle n’a pas de mobile. L’attaque physique, à l’exception de quelques séquences de jeunesse où j’ai cru devoir me défendre fut absente de ma vie. Par contre, durant longtemps j’ai attaqué en pensée bon nombre de mes frères et sœurs. Et vas-y mon gars, je ne me suis pas privé. Un cinéma intérieur animé à la fois par des sentiments de petitesse et de supériorité qui m’autorisaient à les juger et sans le savoir à me juger. Et pourtant j’étais perçu comme celui qui ne critiquait pas les autres. En paroles oui, c’était vrai,

mais en pensée c’était faux.

 

Quant à l’association entre la douceur et la force, J’étais certain de l’avoir lue dans le Cours en Miracles. Je n’avais pas noté la référence. J’ai dû le feuilleter quelques jours avant de retrouver la citation qui se trouvait finalement

au début du Cours au chap2.

 

« Il est difficile de croire que la meilleure défense soit celle qui ne peut attaquer. C’est ce que signifie : « les doux hériteront la terre. » Ils en prendront littéralement possession à cause de leur force. » p.22 La police en rouge est de moi.

 

L’association entre douceur et force est ici sans équivoque. Elle correspond au comportement de Jésus lors de son apparition sur terre. La douceur fut sa force, ô combien arrivée jusqu’à nous sans pour autant avoir été reconnue comme telle. Certes, son comportement était nourri par la conscience de l’Expiation : nous n’avons jamais péché et, en esprit, naturellement, un Fils de Dieu ne peut attaquer un autre Fils de Dieu.

 

Le fait de reconnaître l’état intérieur de Jésus me permet d’apprécier dans le temps, les pas en avant accomplis. Là où régnait l’ignorance voire l’indifférence, la douceur et la force qu’elle rayonne me concernent désormais. Je fus testé récemment dans une situation de tension. Je l’ai abordée sans colère, c’est parfait mais également... sans douceur. Je me suis promis de rester doux à la prochaine « soit disant attaque ».

 

En vérité, sommes-nous en mesure de nous comporter comme Jésus ? Récemment, au cours des rencontres, deux ou trois « voyageurs » furent exhortés à se mettre dans Sa peau, rempli de douceur, dépourvu de tout jugement envers quiconque et pourtant conscient de Sa douce force. Dans l’instant du voyage, cette expérience a chaque fois été évidente. Restait ensuite à la conserver quelques minutes ou davantage et à la reproduire de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps. Oui, nous pouvons ressentir son état de conscience durant quelques instants et davantage. La vie courante appelle donc à repérer nos dérives et à pratiquer les miracles, c’est-à-dire à corriger dans notre esprit les idées fausses par les idées justes.

 

Abordons le sujet sous un autre angle, celui qu’adopte le Cours via le biais de la protection. « La seule sécurité consiste à étendre le St Esprit parce que en voyant Sa douceur en autrui, ton propre esprit se perçoit lui-même comme totalement incapable de nuire. Une fois qu’il peut accepter cela pleinement, il ne voit aucun besoin de se protéger. Alors la protection de Dieu se fait jour en lui, l’assurant qu’il est en parfaite sécurité. » chap 4/3/3 p.106

 

Notre esprit s’étend, ce qui est sa fonction et nous percevons sa douceur chez nos semblables. Ainsi conscients d’être totalement inoffensifs, nous sommes sous la protection de Dieu !!! Durant le tout dernier groupe de chant une participante a reçu la proposition de se comporter comme le Saint-Esprit, de conserver toute Sa douceur devant un proche qui semble en perdition et à ne répondre à son malaise que s’il manifeste une forme de demande. Une autre s’est vue invitée à se comporter comme Jésus en appliquant face aux vives tensions qu’elle connaît régulièrement qu’en vérité « un Fils de Dieu ne peut attaquer un autre Fils de Dieu ».

 

La dernière fois que je suis venu au centre du groupe, j’ai éprouvé le besoin de vibrer la douceur infinie. Signe des temps, l’acceptation totale la douceur est-elle présente ? Je vais suivre de très près les prochains chausse-trappe que la vie mettra sous mes pas.

 

Terminons avec une citation : «  La grâce de Dieu repose doucement sur des yeux qui pardonnent et tout ce qu’ils contemplent parle de Lui à ce qu’il regarde. Il ne peut voir aucun mal, rien à craindre dans le monde et personne qui soit différent de lui. Et comme il les aime, ainsi, il se regarde lui-même avec amour et douceur. » Chap 25/7/1 p.567

 

L’importance du regard, de la douceur et la bienveillance dans nos yeux rejoint le thème du 8è CD : « La rose de Ronsard » au sous titre évocateur « Dieu dans nos yeux »