Que faire face aux attentats de Paris et Bruxelles ?

 

 

      Dire qu'il n'y a rien à faire paraîtra hérétique du point de vue du monde. J'avalise par avance toutes les actions et décisions accomplies ou prises pour faire place nette et pour prévenir des tueries semblables. J'ajoute cependant une autre question : « comment être vis-à-vis des attentats ? ». A cet instant, une réponse s'engouffre dans ma pensée : conserver un état d'amour... autant que je peux.
      Ainsi étant, je me pardonne de croire que ces événements sont réels. Car que se passe-t-il si je crois qu'ils sont vrais ? Je verse dans la peur, la haine, le nihilisme, la dépression. J'ai envie de revanche et de contre-attaque, au mieux je reste indifférent : autant de facettes de non amour, autant de réactions indignes de ce que nous sommes vraiment, des êtres d'amour.

      En effet, le pardon traduit l'amour indéfectible pour la Source que je n'ai jamais quittée. Et bon sang, il a une portée stratégique. Il supprime les événements semblables déjà enregistrés dans le scénario futur ! Aucun programme de prévention de la radicalisation n'est en mesure de réaliser cela.

 

      Soyons nombreux à conserver une présence d'amour autant à l'égard des terroristes qu'à l'égard des victimes et nous enclenchons une dynamique capable d'éviter la répétition de tels actes. Que celles et ceux qui lancent des appels pour éviter de tomber dans la peur ou la haine descendent en conscience jusqu'à la racine de leur attitude humaniste : l'amour, l'amour immuable.

 

Roger, inspiré par le Védanta et Un Cours en Miracles

24 mars 2016

Attentats de Paris du 13 novembre 2015

 

Le pardon face à la barbarie banalisée dans le monde

 

Je n'étais pas à Paris, siège du massacre coordonné de ce vendredi 13 novembre. Je n'ai pourtant pas échappé à la curiosité de suivre l'évolution de l'enquête en consultant régulièrement mon ordi pour savoir si les coupables étaient identifiés et si les fuyards étaient pourchassés. Réaction très humaine, comme si l'arrestation des tireurs fous en fuite m'apaiserait à l'idée que « justice serait faite » ... alors que sans nul doute d'autres massacres surviendront.

 

Car il s'agit bien de cela, je suis témoin depuis mon apparition sur terre (je suis né durant la guerre) de tueries ininterrompues, les unes dites nécessaires et les autres accomplies sans raison apparente. Cette chaîne touche autant les nations que les particuliers. Ce fond de commerce de la barbarie est-il pour autant bien réel ? Je ne peux y croire, il me semble être un simple cauchemar dont je pense m'être réveillé.

 

Quelle naïveté m'a amené à considérer cette violence permanente comme un simple rêve dont je ne serais qu'un témoin ? N'ai-je pas une part de responsabilité dans sa répétition ? J'ai pu, au cours d'un long chemin, poser un regard lucide sur ma vie intérieure. J'y ai détecté mes ombres (colère, culpabilité, peur...) et je me suis attelé à les épurer. Petit à petit, une évidence insoupçonnée au départ s'est imposée : il n'existe qu'une seule réalité, l'Amour. Tout ce qui ne relève pas de l'amour universel est aussi factice qu'un rêve. Quelle est alors la signification de ces actes de violence, les miens en premier ? Leurs auteurs, comme le dit une chanson de Francis Cabrel : « …  tout cela pour leur billet retour... d'amour, d'amour, d'amour... »

 

J'ai pu identifier de la haine pour moi-même . Elle était bien tapie au fond de ma conscience. J'ai compris qu'elle constituait ma contribution au rêve de la violence permanente. Quelle stratégie adopter pour dépasser ce désamour profond de moi-même ? Il importait en premier lieu de le repérer, ce qui ne fut pas une mince affaire tant il était enfoui.

 

Cette étape est essentielle car nos habitudes de penser diront volontiers que la haine appartient aux terroristes et que nous ne sommes pas concernés. Elle est bien localisée chez eux, en dehors de nous. Une fois le tableau brossé, j'applique une découverte venue éclairer mon chemin au cours de ces dernières années : je me pardonne ! Je me pardonne d'avoir cru que ma conscience contenait une dose de haine à mon égard, car du point de vue de l'amour, la haine n'existe pas.

 

Je reviens ainsi à la case départ : regarder tout ce qui se passe en moi et autour de moi avec les yeux de l'amour. Ce que je vis à l'intérieur de moi, je le projette à l'extérieur. Si je suis habité par de la haine, je vois un monde de haine, et j'ai besoin de vengeance et de châtiment. Si je vois les mêmes événements avec l'amour, je perçois un monde d'amour et je m'abandonne à l'idée que les actes violents sont des « appels à l'amour ».

 

Cette loi est énoncée dans Un Cours en Miracles comme suit : la projection fait la perception.

 

Ainsi, je projette mon état d'esprit à l'extérieur et je vois chez les autres ce qui m'anime. Nous sommes toutes et tous capables d'introduire plus d'amour dans notre monde intérieur.

 

Malgré des larmes de tristesse et de tendresse versées sur le sort des victimes, j'ai pu éprouver de la bienveillance autant pour elles que pour les auteurs de ces atrocités apparentes. Je me suis pardonné d'avoir cru que cet événement avait réellement eu lieu.

Ne dit-on pas couramment, pour récapituler une suite d'événements, que l'on « retrace le film » de leur enchaînement ? Le langage populaire colporte sans doute ce que l'inconscient collectif connaît. Il voit en nous des acteurs d'un film à grand spectacle prestant une pure fiction.

 

Enseigner-apprendre : une seule et même chose

 

Colère ou pas colère ?


Décembre 2017

  • Enseigner, c’est apprendre dit aussi le Cours en Miracles. En voici un exemple. Je m’étais surpris à interpeller le Saint Esprit afin qu’il m’utilise à plein temps. Sans attente, j’imaginais sans doute qu’il me ferait rencontrer de nouveaux êtres à l’esprit clair tournés vers la connaissance. Et bien non, il m’a envoyé un homme et une femme, confus en esprit, fermement et gaiement accrochés à leur toute puissance. Je conviens d’emblée que cette façon de les présenter est totalement irréelle. En effet, je pouvais en même temps les voir dans leur lumière. Pourtant, en cours de route, il a fallu que je leur partage ce qui paraissait patent dans les apparences. Pourquoi étais-je poussé si intensément de l’intérieur pour œuvrer ainsi ?
  • Suite à la session de chant précédente à laquelle l’homme et la femme avaient participé et à deux échanges de mail, j’avais précisé à la dame, et c’était une première depuis plus de 25 ans de chant du cœur, que sa présence n’était pas souhaitée à la rencontre suivante, celle que j’évoque. Nos approches de l’accompagnement n'étant actuellement pas compatibles. Elle se présenta malgré tout pour « mettre un point final à un processus lié au chant du cœur et pour se reconnecter à Dieu » via un voyage impliquant un duo avec moi.
  • Alors qu’autour de moi la tentation de l’attaque vis-à-vis de la « contrevenante » se faisait jour, j’accueillis cette situation inhabituelle très tranquillement. Cela me semblait déjà relever du miracle car dans un passé assez proche j’aurais été envahi par l’irritation. J’ai donc accepté leur présence au sein du groupe où toute la journée ils sont restés justes, à leur place. En fin de journée, l’homme choisit de venir au centre du cercle afin de valoriser une facette de notre héritage. .... Le voyage fut assez laborieux. Du côté de la communication verbale, le voyageur répondait aux sollicitations, signifiant sans le dire : « oui, je suis avec vous ». Du côté de la communication non verbale (mimiques, gestes, ton de la parole, posture…) il montrait un sentiment de supériorité, un sorte de suffisance qui plombait le climat, en apparence, bien sûr. Inconsciemment, il communiquait quelque chose du genre : « je prends ce qui me convient mais j’ai découvert une approche supérieure au chant du cœur... » Plusieurs membres du cercle avaient également perçu  ce double jeu mais rien n’a été pointé au moment même.
  • Bien que cet épisode ne soit pas réel, bien que nous étions dans un jeu de rôle, je fus pourtant puissamment poussé à partager ce décodage dans le cercle d’autant plus que le voyage « en duo » visant la reconnexion avec Dieu se profilait. Se connecter à Dieu en étant inconsciente de la toute puissance qui habitait la voyageuse me paraissait totalement impensable, un jeu de dupe bien plus énorme que la séquence du soir précédent. J’avais donc décidé que le voyage n’aurait pas lieu même si j’y voyais un appel à l’amour. Qu’aurait fait Jésus ?
  • J’avais choisi de décrire le fil qui avait amené cette décision prise en temps que responsable du lieu. Elle fut reçue par l’homme comme une attaque alors que j’en parlais depuis mon cœur en paix. L’interlocuteur interrompit le récit par un geste de refus : « où est l’amour, où est le cœur ? » Que dire sinon de l’inviter à me laisser poursuivre le développement et lui rappeler que je parlais en paix ? Rien n’y fit, le message ne passait pas. Il ne s’était pas rendu compte qu’il se sentait attaqué alors qu’il ne l’était pas et qu’en ripostant, c’était de lui-même qu’il parlait, de son propre cœur qu’il avait déserté.
  • Je me suis donc demandé d’où venait cette impossibilité à percevoir l’absence de colère ? M’est revenu à la conscience l’épisode de Jésus chassant les marchands de l’enceinte du temple. Etait-il en colère ? Il est probable qu’une bonne partie de l’humanité qui, de près ou de loin, est au courant de cet épisode répond « oui, il était en colère », colère parfois même sanctifiée. Cette croyance semble bien inscrite dans l’inconscient collectif. Est-ce la raison pour laquelle un acte d’amour puissant et dépourvu de colère est difficile à concevoir ? Dans le Cours en Miracles, nous découvrons que Jésus, qui l’a dicté, déclare à plusieurs endroits que la colère est toujours une attaque. Or, un de ses enseignements majeur est: « En esprit, un fils de Dieu ne peut attaquer un autre fils de Dieu. » Jésus l’a montré durant ce qui fut appelé le calvaire. Au-delà de la violence extrême qu’il semblait subir, il a gardé à l’esprit que ses juges et ses bourreaux étaient des fils de Dieu pareils à lui. Reconnaissons que l’exemple vécu par cet être est fabuleux. Soulignons-le encore : à tout moment, aux yeux de son coeur totalement uni à son Père, il a vu en ses tortionnaires d'autres fils de Dieu, incapables de l’attaquer. Les voir comme des bourreaux, revient à valider la crucifixion, les reconnaître comme des frères c’est entériner la résurrection, la vie éternelle.
  • Revenons à l’épisode du temple. Nous pouvons maintenant déduire que le cœur de Jésus ignorait la colère sans quoi il aurait enfreint un de ses enseignements majeurs. Il se voyait sans doute comme un enseignant au cœur ferme et déterminé. Les marchands du temple ont-ils compris la leçon. ? Je n’en sais rien et sans doute avait-il confié les conséquences de son acte au Père Lui-même. J’avoue que dans mon histoire, je me suis également considéré comme un enseignant ferme et déterminé. J’ai constaté en surface que l’intervention n’avait engendré aucun changement, pas de miracle pour cette fois. En vérité, si je pense être habité par l’esprit du miracle, à aucun moment le résultat ne m’appartient. Dans les jours qui ont suivi cet épisode d’autres réponses d’enseignant me sont venues, chaque fois au petit matin. Et je me disais en souriant, l’enseignant continue à apprendre par le biais de la voix nocturne du St Esprit. Merci à tous les protagonistes de ce jeu de rôle.

 

Le 14 décembre 2017


 

 

 

 

Donald Trump, Michael Moore et le petit oui

 

 

En survolant l'information uniformisée qui circule autour la planète depuis de nombreux mois, nous pourrions croire que le curseur de la peur s'affole. Un danger aux multiples facettes semble nous guetter et tout doit être accompli pour le conjurer.

L'élection de Donald Trump risque bel et bien d'accroître le sentiment de peur savamment cultivé dans le monde. Pour qui choisit de voir, des alternatives à cette atmosphère mortifère existent. Le dernier film* de Michael Moore en est une illustration parmi d'autres.

 

Son film le montre en quête de solutions sociales et politiques qu'il souhaite importer aux Etats Unis : prison sans cruauté, banques gérées par des femmes, devoir national de mémoire, études universitaires gratuites… Assurément, de telles dispositions sont de nature à rassurer la population. Mais la peur qui fait le monde est-elle désamorcée pour autant ?

 

En vérité, existe-t-il une alternative à la peur ? Au vu d'autres documents filmés qui évoquent un vivre ensemble humaniste, je vois souvent briller une lumière dans les yeux de certains témoins, plus souvent dans les yeux des femmes. Je ressens profondément que cette clarté est, davantage que les actions elles-mêmes, la réelle alternative à la peur.

 

Elle exprime quelque chose comme la lumière de l'amour, une brillance où la peur s'est éclipsée. Cet amour est en fait disponible en chacun(e), disons au centre de la poitrine. Et pour qui ne l'a pas encore formulé, il ne demande qu'un petit oui pour se mettre à scintiller dans nos yeux, un oui qui transforme en amour le regard posé sur les affaires du monde.

 

15 novembre 2016

 

 

* « Where to Invide next »

 

 

 

 

17 novembre 2015